Sébastien, coach de la section Trail du club nous raconte son expérience sur le Tor des Géants, cette course complètement hors normes. En effet, avec 339km à parcourir en moins de 150h, il n’y a pas de place pour les curieux, seuls les durs à cuire ont une chance de voir l’arrivé. J’en oubliais un détail de taille : il faut aussi dominer 30 980m de dénivelé positif soit l’équivalent de trois ascensions et demi de l’Everest depuis le niveau de la mer.

 

USTA : Depuis quand avais tu en tête de faire cette course ?

Seb : Ça fait 3 ans. J’en ai entendu parler dans les médias et par d’autres coureurs. Elle est assez connue puisque c’est l’une des plus difficiles du monde depuis sa création, il y a 7 ans. Je m’étais également inscrit pour l’édition précédente mais je n’avais pas été tiré au sort.

Pourquoi s’inscrire sur une course aussi difficile ?

Je voulais vraiment voir jusqu’où mon organisme pouvait aller. J’ai couru La Diagonale Des Fous, à la Réunion (environ 170km et 10 000m de D+, ndlr) et ça s’était très bien passé. Je n’avais pas eu de problèmes physiques ou de soucis liés à la fatigue et voulais donc tester plus long : j’ai opté pour le double.

Comment se prépare-t-on pour un tel challenge ?

Comme pour un ultra. J’ai vraiment travaillé la caisse en laissant de côté la VMA. J’ai aussi fait beaucoup de dénivelé positif avec énormément de travail en côtes. J’ai alterné vélo/course à pied pour le foncier.

C’était une préparation exigeante, ça représentait 3 à 7h de travail quotidien.

Parle nous un peu de ta course…

J’en ai pris plein les yeux, les paysages étaient vraiment magnifiques. Côté physique, ça a plutôt bien tenu mais j’ai dormi que 7h en 5 jours. La première nuit, j’ai essayé de ne pas dormir du tout et je l’ai payé : j’ai été malade et j’ai perdu beaucoup de temps à me réalimenter. Après ça je dormais chaque jour entre 6h et 8h du matin. Avec aussi peu de sommeil, j’ai eu droit à quelques hallucinations et je titubais un peu par moment. C’est à ce moment là que je sentais que je devais me reposer un peu ! Pour l’alimentation : pas de soucis : avec des ravitos tous les 10km proposant du jambon, de la soupe, des pâtes… je n’ai jamais manqué de rien.

Quel était ton objectif ?

Finir… et idéalement, le vendredi. Au mieux du mieux entre 115 et 120h.

C’est chose réussi puisque tu termines le vendredi soir !

En effet, je suis dans les temps. J’ai mis un peu plus que mon temps rêvé puisque je finis en 133h et 19′ mais quelle expérience! J’ai énormément de chance d’avoir eu un soutien et une assistance aussi énorme de la part de ma femme et mes enfants. Il y a aussi eu tous les messages de soutien par texto ou mail venant d’athlètes du club, de collègues de travail… sans tout cela, je pense que j’aurais abandonné 75km avant la fin. Si j’ai couru d’abord pour moi, c’est tout ce soutien qui m’a permit de terminer.

A refaire ?

Oui ! Mais je modifierais certaines choses, en dormant plus, par exemple car j’ai vu des coureurs s’accorder plus de repos que moi terminer devant.

Passage de la ligne d'arrivé en famille pour Sébastien.

Passage de la ligne d’arrivé en famille pour Sébastien.

 

Quelle exploit d’être arrivé àu bout d’un tel challenge. Encore félicitations à Sébastien à qui nous souhaitons une excellente récup !